20 juin 2009

Ces entreprises qui appellent leurs salariés à l'aide

Ces entreprises qui appellent leurs salariés à l'aide

Julie de la Brosse - 19/06/2009 17:05:00

                               

 

                                               

Depuis le début de la crise, les appels à la solidarité des salariés se multiplient dans les entreprises en difficultés. Des concessions pas toujours bien reçues par les salariés français qui soulignent le manque de contreparties.

Se serrer la ceinture pour sauver sa société ? Depuis quelques mois, la solidarité des salariés est de plus en plus sollicitée dans les entreprises en difficultés. Dernière affaire en date, celle très controversée de British Airways. Mardi dernier le PDG de la compagnie aérienne demandait à ses salariés de suivre son exemple en acceptant de travailler bénévolement de une semaine à un mois en juillet.

REUTERS/Luke MacGregor

Aéroport d'Heatrow, à Londres.

A l'image de British Airways, les employeurs de tous secteurs ne manquent pas d'imagination pour mettre à contribution leurs salariés. Chez Renault, le « contrat social de crise » prévoit que les cadres et ingénieurs abandonnent leurs RTT pour permettre aux ouvriers en chômage partiel de toucher 100% de leur salaire. Chez HP France c'est la baisse de salaire qui a été préférée, chez Inoplast, Rhodia ou Soitec, le prêt de main d'oeuvre... Celui-ci permet à une entreprise de céder un salarié, pendant un temps déterminé, à une autre entreprise sans rupture du contrat de travail.

Parfois les initiatives sont plus inattendues. En Espagne par exemple, la deuxième banque du pays, BBWA a proposé à ses salariés un congé d'une durée de 5 ans payé 30% du salaire actuel. Dans d'autres entreprises, les tâches demandées aux salariés sont élargies. Ainsi chez KLM, les pilotes ont été invités par la direction à s'occuper de la recherche des bagages égarés.

Mais selon les pays, ces mesures ne provoquent pas le même accueil. Chez les anglo-saxons, où les plans de licenciements sont chose aisée, la pratique est plutôt courante et bien acceptée. Dans le secteur automobile américain, très affecté par la crise, les syndicats de Chrysler et General Motors ont récemment autorisé des réductions importantes de salaires. Même les fonctionnaires peuvent être sollicités. Dans les écoles californiennes par exemple, ils sont actuellement invités à travailler moins pour faire des semaines plus courtes. En Grande Bretagne, les salariés de KPMG se sont vus proposer la semaine de 4 jours. Et résultat surprenant, 85% des employés ont accepté. La pratique connaît aussi un certain succès dans les pays du Nord. En Suède par exemple, le puissant syndicat IF Mettall a récemment signé un accord de réduction du temps de travail avec les organisations patronales. Conséquence, les salariés suédois pourront voir leurs salaires baisser sans aucune possibilité de refus.

Mais en hexagone ce voeux semble pieux. A chacune des propositions qui leurs sont présentées les syndicats crient au chantage. Chez Osram où la direction a récemment demandé l'abandon des RTT aux cadres et une réduction de salaire de 12,5% aux non-cadres, 108 personnes ont refusé la proposition. Elles sont en cours de licenciement.  Car, particularité du droit français, le salaire est un élément constitutif du contrat de travail. A ce titre, dès qu'une modification est envisagée, elle doit être acceptée par le salarié. S'il refuse, l'employeur peut décider de le mettre à la porte.

Contrairement à ce qu'affirment les entreprises, les salariés n'auraient donc pas le choix dénoncent les syndicats : lorsque l'employeur menace de mettre en place un plan social, ce n'est pas du volontariat. Or « l'essence même du contrat de travail implique que ce soit aux associés et non aux salariés de subir les risques de l'entreprise. Et quand la conjoncture est favorable, il existe peu d'entreprises françaises qui font participer leurs salariés aux bénéfices», rappelle Eve Caroli, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest.

Pour elle les relations entre employeurs et salariés en France pourraient d'ailleurs expliquer la difficulté des salariés français à faire des concessions :  « une relation de travail s'inscrit dans le long terme. Pour accepter de faire des concessions, les salariés doivent être certains qu'en échange l'entreprise fera tout pour les maintenir dans l'emploi. Mais selon les dernières études statistiques, la France figure dans le bas du classement des bonnes relations entre l'entreprise et le salarié. Les salariés français manquent donc profondément de confiance envers leur employeur, persuadés qu'à la moindre difficulté ce dernier n'aura aucun regret à les licencier... », explique l'économiste


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